jeudi, décembre 04, 2008
Le dialogue continue...!
Mère, où est mon père ?
Il est parti ailleurs, vers d’autres sphères,
Chercher notre pain quotidien
Il s’est levé à l’aube
Et a prié Dieu en silence
Un petit morceau sous la dent
Un verre de thé tiède à la menthe
Et avant de sortir dans le noir
Il est venu vous voir
Chaque jour est un départ
On part et on repart
Des embûches et des remparts
Une grande muraille sépare
Les défavorisés et les richards
Attendons l’inexplicable hasard
La pauvreté n’a jamais été tare
Mère, quand reviendra-t-il ?
Il reviendra au crépuscule
Lentement avec scrupule
Il nous apportera du pain et des fécules
Et s’en ira le lendemain sans recul
Il a beau tourné les pages
Il a si cherché des mages
Toujours les mêmes images
Il parle souvent d’un voyage
Et lève les yeux doux vers ces nuages
Pour moi ce serait un carnage
Comme un oiseau sans plumage
Seule, je serais proie à la rage,
La mélancolie usera mon âge
Il nous emmènera avec lui ?
Je ne pense pas fiston…
Il est temps,
C’est l’heure de l’école
Travaille bien…
Au revoir mère
Au revoir mon ange… !
Mohammed El Qoch © 2008
22:03 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Pêle-mêle...!
Ne voir qu'à travers nos mots
Le sourire des uns
L’amabilité des autres
Un seul chemin
Des mains qui se tendent
Blanches, noires
D’autres couleurs
Une toile tissée
Surgit un bonheur
L’extase des colombes
Que nous aimons
Du virtuel à la réalité
Un brin de lumière
Envahit les âmes
Pour que dure la joie de vie
Et je chante mon supplice
Et ta beauté rebelle
Je n’ai jamais osé t’aimer
Tu scelles dans l’ennui
Mon cœur et mon âme
Laisse-moi m’envoler
Comme les hirondelles
De pays en pays
Errer tout le temps
Je ne suis que l'ombre
Entre la lumière et la pénombre
Plus sombre que la nuit
Rien que le souffle amer
D’une vérité falsifiée
Qui se détache au fil du temps
Que nous cherchons, en vain
Vous qui êtes étendus
Le repos éternel dans le silence
Livrez-moi les clefs
Vous détenez le secret ?
J’attendrais la Nuit du Destin
Pour venir arroser vos tombes
Ne me laissez pas dans l’errance
Venez me rendre visite
Dans mes songes…
Dans mon univers
Je suis simplement un regard
Mes yeux scrutent l'univers
A l'envers
Mon encre noire intarissable
Séduit mes pages blanches
D’où surgissent des colombes
Egayant les cieux moroses
Comme une ultime encablure
Courir le long des vagues
Submergeant l'esprit évasif
Scrutant le paysage de ce site
Merveilleux, enchantant
Magnifique ensorcellement…
Mon esprit suit le sillage
Des barques au large
Au loin sillonnent les flots
Vagues agitées se lamentent
Esseulées que l’orage et la tempête
Perturbent aux fins fonds de l’océan…
La poésie n'est que l'ombre
D'un beau songe
Ses vers chantent la beauté,
Le regard des autres,
L'épanouissement des horizons
Une tape amicale sur le dos
La poésie est paix
Où toutes les lettres,
Voyelles ou consonnes
Dansent à la ronde
Les mains liées
Pour la joie des strophes…
Mohammed El Qoch © 2008
22:01 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Raconte-moi, maman
Maman, pourquoi fait-il noir chaque soir ?
Fiston, quand le jour s’en va dormir
La nuit descend des cieux
Et invite les étoiles à veiller sur nous
Jusqu’à l’aube
Maman, mon ami de classe
Tu sais, celui qui a toujours les premières notes
Il m’a révélé qu’il y a longtemps
Le jour avait épousé la nuit
Et à cause des problèmes de jalousie
Ils se sont séparés, chacun de son côté
Est-ce vrai maman ?
Oui fiston, mais ils se rencontrent
Quelques secondes et se saluent parfois
Ils n’ont jamais oublié les gestes de tendresse
Maman je trouve que le jour a plus de chance
Il voit des roses, des fleurs
Des abeilles et de belles femmes
Pas toujours, fiston
Quand il pleut ou quand il neige
Ces belles femmes s’isolent
Ces fleurs somnolent et meurent
Et ces roses fanent
Et la nuit, maman ?
La nuit porte conseil
La nuit nous invite au repos
La nuit…
La nuit, tu fais l’amour avec papa
Je t’ai entendu dire
Embrasse-moi chaque nuit
Il le fait maman ?
Sinon je le lui rappellerai !
Fiston, ton papa est plus que fidèle
Il tient toujours sa promesse
Donc tu es heureuse maman ?
Oui fiston !
Raconte-moi, maman
Tu as rencontré mon papa
Le jour ou la nuit ?
Je l’ai rencontré au crépuscule
Entre le jour et la nuit
C’est pour cela que ma sœur est brune !
Bonne nuit maman, demain il fera beau jour… !
Mohammed El Qoch © 2008
21:56 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mardi, novembre 25, 2008
Errances de l'amour...! (Acrostiche)
Et ce cœur qui s’incline en ces temps pluvieux
Renaît, en arc en ciel, pare les hautes montagnes
Réincarne l’amour, manifeste la joie des envieux
A chaque éclair l’esprit, éploré, s’évade du bagne
Ni le temps ni les saisons n’apaiseront mes peines
Condamné, la nuit s’empare de mes extases sereines
Engloutit mon rêve, ruiné, s’exténue à l’aube morose
Sans saveurs et sans goût, l’âme meurt en transe
Des mirages courts qui ne riment point me dérangent
Et nouent mes chemins nus qui ne s’arrangent
L’amour cède aux premières lueurs du soleil levant
Attristés, mes oiseaux s’envolent à tire-d’aile
Macabres mes instants creux agonisent en rêvant
Ou me désertent sur le pas du firmament, sans ailes
Un labyrinthe tortueux où tous mes maux se mêlent
Rien ne vaut la peine si ma barque est si frêle...!
Mohammed El Qoch © 2008
21:45 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
dimanche, septembre 21, 2008
Sans regrets et sans remords...!
Je ne cache pas mes rides
Ni mes cheveux blancs
J’ai enterré mes ans
J’ai plongé dans le vide
Sous le fardeau du temps
Je les ai bercés un instant
Pendant qu’ils gisaient
Pendant qu’ils agonisaient
Je ne regrette rien
Même pas les maux
Je ne ressasse pas les mots
Même pas les larmes
Qui arrosaient mes joues
J’ai déposé les armes
Et mes moments fous
Même pas la misère
Même pas la galère
Qui s’acharnaient
Et que je repoussais
Je n’ai pas honte
De mon passé
Je ne dissimule mes sentiments
Je garde mes secrets
Dans mon petit cœur enflammé
Ma vie enragée râlait
Je faisais le sourd muet
Que de cris que de huées
Mes mots apaisent mes peines
Sur mes paumes sereines
Je les dorlote et les couvre,
Comme le feu couve sous la cendre,
De beaux baisers, je les agrémente
J’ai oublié les sourires fades
Et ces poignées de mains cupides
Sans chaleurs et sans émotions
J’ai oublié les regards effarés, hagards
Sur le port de Tanger, tumulte et cacophonie
Sous les camions et les cars
De jeunes hommes planqués
Respirant le diesel, rêvant
De jours meilleurs de l’eldorado fictif
J’ai effacé de ma mémoire
Toutes ces images livides
De ce môme adossé à ce mur
Les pieds nus, sans sandales
Fringues usées, une poupée sale
Qui lui tient compagnie suppléant sa mère
Partie chercher ce fameux pain amer
J’ai gommé mes dessins et mes aspirations
Cette petite maison dans la prairie
Avec deux lucarnes ouvertes sur les cieux
Deux palmiers près du puits
Où se désaltèrent les colombes
Venant de la ville prendre l’air frais
Et ce champ verdoyant d’herbes
Où j’aurais aimé courir pieds nus
J’ai gratté tous les mots d’amour
Que j’ai transcrits dans mon cœur
Sur toutes les tables et les arbres
Sur le sable de la plage
Désertée par les estivants
Revenant trimer, la besogne incessante
J’ai tourné la page
Pourvu qu’elle ne me lasse
Ma bien aimée, ma vie… !
Mohammed El Qoch
23:49 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
samedi, septembre 20, 2008
Le misérable...!
Pour une miche de pain
Il allait sans se décourager
La ferveur au cœur
De l’aurore au crépuscule
Flâner à travers son univers
Le sourire aux lèvres
Et le même refrain
Pour percevoir une somme dérisoire
Il bêche, retourne, repeint, trébuche
Scie, porte et transporte
Et peu importe
Sur ses épaules frêles
Le fardeau pesant des autres
Il ne se plie l’échine
Qu’il neige ou qu’il pleuve
Il ne craint la chaleur
Qui embrase les champs
Il ne recule devant la brume épaisse
Il salue sur son passage
Tous ses semblables
Qui se réveillent à l’aube
Sans remords ni regrets
Sans se gêner, sans se contraindre
Sans se lamenter, sans gémir
Il ne se soucie guère
Que de son retour tardif
Quand ses mômes sur le seuil
Se précipitent pour recevoir
Leur présent quotidien
Le pain nu qu’ils aiment
Comme le pauvre Martin
Qui a creusé le temps et la terre…
Mohammed El Qoch
En hommage au grand Georges Brassens
"Pauvre Martin, pauvre misère"
00:14 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
vendredi, septembre 19, 2008
Sens interdit...!
Silence, on tourne
« Sens interdit »
Acte 25
Action
Oh ! Mères qui craignent le pire
Ne pleurez point
Ils sont sur la ligne
Demain ils reviendront
Dans des cercueils en bois massif
Vêtus de beaux costumes
Peu importe la couleur
Stop
Vous les femmes, pleurez
On ne voit pas vos larmes
Cette séquence est essentielle
Alors, gagnez honnêtement
Votre pain, sinon
Trois points de suspension…
On essaie encore,
A vos places, messieurs
Silence, on tourne
« Sens interdit »
Acte 26
Action
Oh, enfant chéri,
Que la mort m’a subitement pris
Pourquoi es-tu si muet ?
Tu n’aimais les costumes noirs
Ceux des obsèques
Pourquoi mourir si jeune
Alors que l’aube s’éveille
Que les fleurs éclosent
De mille et une pétales
Coupez !
L’éclairage est défectueux
Nous sommes au cimetière
Et vous messieurs, oui vous !
Approchez !
Toi tu fais général et toi colonel ?
Soyez tristes, montrez au monde
Que vous avez pitié
Pour ces enfants et levez la tête
Non de cette manière
Mais bon sang
Regardez moi ce curé
Qui l’a embauché ?
Il a l’air d’un saint ?
Tu seras le chauffeur
De cette femme en deuil
Change de vêtements
Silence, on tourne
« Sens interdit »
Acte 27
Acti…
La pluie se met à tomber
Une averse des années 67
Tout le monde à l’abri
On reprendra demain
Vous avez fait un bon travail !
Quand même… !
Mohammed El Qoch
20:14 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Elle, ma vie...!
Elle m’a traqué, elle m’a dragué,
Elle m’a harcelé, elle m’a suivi,
Jours et nuits
Elle m’a épié, elle m’a guetté
Elle m’a supplié, elle m’a regardé
De haut en bas
Elle m’a appelé, elle a crié
Elle a hurlé, elle a parcouru
Mes boulevards et mes rues
Je l’ai ignorée
J’ai détourné le visage
J’ai rebroussé chemin
J’ai fermé ma porte
J’ai écouté Grand Corps Malade
Qui me parle
Qui me soule
Qui m’enivre des lavandes
De ses 4 saisons
« J’ai compris que le printemps
Allait emménager…
C’est la saison des amoureux… »
Et puis, je n’ai pas les mots
Et le blues de l’instituteur
Et, et…
Derrière la porte, j’entends
Ses pas, elle fait les cent pas
Pas à pas, je lui tends un appât
J’éteins la lumière
Et fais semblant de dormir
Demain elle reviendra
Je sortirai par la porte de secours
Elle me suivra par tout chemin
Elle empruntera toutes les voies
J’entendrai sa voix
Lasse, elle se reposera
Sur les vieux pavés
Et reviendra à la charge
Elle est envieuse et jalouse
Elle me malmène
Depuis que le temps est temps
Elle sera présente
Le jour de mes obsèques
Elle ne versera aucune larme
Elle m’ensevelira sous le sable
Elle s’assurera
Elle me délaissera
Elle cherchera un autre amant… !
Mohammed El Qoch
19:58 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
vendredi, septembre 12, 2008
L'ultime lettre...!
Laissez-moi t’aimer
Tant qu’il est temps
Vendredi à l’aube je pars
Mes anges cueilleront mon âme
Je t’ai laissé l’ultime lettre
Sous le divan blanc que j’aimais
Tu te souviens ?
Sur tes joues, j’ai essuyé tes larmes
Qui vaguaient comme des vagues
Tumultueuses, flots de mon cœur
Tu te rappelles ?
Mon premier soupir quand je t’ai vue
En princesse déguisée
Tresses de cheveux ornées
De lavandes, de Provence, odorantes
Ton sourire égayait les lieux
Déserts et tristes
Tu te remémores ?
L’ivresse de notre jeunesse rayonnante
Et ta musique qui sillonnait l’univers, résonnait,
Demeurait à jamais dans mon cœur
Ne pleure pas
Je serai toujours près de toi
Je viendrai les jours de fêtes
Je t’offrirai des fleurs
Que tu trouveras sur le seuil de ta porte
Elles n’orneront pas ton vase
Tu les déposeras sur ma tombe !
Je ne te dirai pas adieu … !
Quand tu viendras me rendre visite
Chaque vendredi, tôt le matin,
Asperge ma tombe d’eau fraîche
Et change mes lavandes
Dépose ta main sur mon épitaphe
Elle attisera doucement ma joie
Elle ôtera ma nostalgie et ma solitude
Ne verse aucune larme
De peur que j’en verse des milliers
Je me souviendrai toujours
De notre première rencontre
Il pleuvait, ce jour là,
Tes cheveux échevelés et trempés
Tu étais comme une bambine
Charmante qui ignorait l’averse
Nous étions les seuls sans parapluie
Les seuls naufragés sur cette rue déserte
Tu esquissas un sourire merveilleux
Qui fascina pleinement toute ma vie
Ton coup de foudre, tranchant, envahissant
Me foudroie, mes mots se perdent,
S’envolent vers le ciel, envieux,
Nous mouillait jusqu’à l’os …
Chérie, tu reviendras sûrement vendredi prochain
Pense à moi et apporte moi cette fois
Des pansées … !
Ma chère,
N’attriste pas mon âme fugace
Chaque fois que tu viennes
Te recueillir sur ma tombe
Je sens amertumes et peines
Envahir ton esprit endeuillé
Laisse mes fleurs fanées
Je ne saurai te condamner
Comme ce papillon
Qui meurt à longueurs d’heures
Livre-toi sans retenue
De l’aube au coucher,
Vole telle ma colombe au dessus des cieux
Jardins secrets de mes mots, de tes maux
Jeune encore, réjouis-toi de la vie
Range notre album et mes photos
Accrochées sur les murs de ta demeure
Ne te soucie plus de moi, demain,
On se retrouvera au paradis… !
Mohammed El Qoch
15:03 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Debout les mots...!
Debout, les mots!
Ne restez pas
Sur la sellette
Ne fuyiez pas
N'errez pas
L'ombre de la nuit
Guette, s'empare
Des êtres faibles
Anéantis, brisés
Debout, les mots!
Éclairez les sentiers
Sans lumières
Où tombent
Des aveugles
Qui ne trouvent
Plus le chemin
Des borgnes
Debout, les mots!
N'ayez crainte
De l'assistance
Qui ne fait
Que regarder
Passive, nonchalante
Investissez les cœurs
Malades de l'esprit
Ignorant, qui ne dit
Que "oui" de la tête
Qui signe
Sur un papier blanc
Debout, les mots!
Vous êtes la sagesse
Le savoir qui illumine
Les cieux foudroyés
De crépuscules
Vous êtes les vers
Des amoureux
En quête de bonheur
Vous êtes la science
Vous nous racontez
L'histoire des aïeux
Vous êtes témoins
Des bavures des plus forts
Vous nous décrivez
Les pleurs des orphelins
Des veuves qui ne
Verront plus leurs maris
Debout, les mots!
Même devant la potence
Et la corde autour du coup
Ne regardez pas le bourreau
Vous dites la vérité
Peu importe la sentence
Investissez les livres
Et les manuels des enfants
Apprenez leur la lecture
Qu'ils vous épellent
Ils sauront la voie de la lumière
Ils entendront la voix du bien
Qui viendra leur rendre visite
Le soir quand ils dormiront...
Mohammed El Qoch, inspiré par une fée qui m'a rendu visite un soir d'été.
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