mardi, juin 24, 2008

L'ultime lettre...! (2)

Je ne te dirai pas adieu… !
Quand tu viendras me rendre visite
Chaque vendredi, tôt le matin,
Asperge ma tombe d’eau fraîche
Et change mes lavandes
Dépose ta main sur mon épitaphe
Elle attisera doucement ma joie
Elle ôtera ma nostalgie et ma solitude
Ne verse aucune larme
De peur que j’en verse des milliers

Je me souviendrai toujours
De notre première rencontre
Il pleuvait, ce jour là,
Tes cheveux échevelés et trempés
Tu étais comme une bambine
Charmante qui ignorait l’averse
Nous étions les seuls sans parapluie
Les seuls naufragés sur cette rue déserte
Tu esquissas un sourire merveilleux
Qui fascina pleinement toute ma vie
Ton coup de foudre, tranchant, envahissant
Me foudroie, mes mots se perdent,
S’envolent vers le ciel, envieux,
Nous mouillait jusqu’à l’os …

Chérie, tu reviendras sûrement vendredi prochain
Pense à moi et apporte moi cette fois
Des pansées … !

L'ultime lettre...! (1)

Laissez-moi t’aimer
Tant qu’il est temps
Vendredi à l’aube je pars
Mes anges cueilleront mon âme
Je t’ai laissé l’ultime lettre
Sous le divan blanc que j’aimais

Tu te souviens ?
Sur tes joues, j’ai essuyé tes larmes
Qui vaguaient comme des vagues
Tumultueuses, flots de mon cœur
Tu te rappelles ?
Mon premier soupir quand je t’ai vue
En princesse déguisée
Tresses de cheveux ornées
De lavandes, de Provence, odorantes
Ton sourire égayait les lieux
Déserts et tristes
Tu te remémores ?
L’ivresse de notre jeunesse rayonnante
Et ta musique qui sillonnait l’univers, résonnait,
Demeurait à jamais dans mon cœur
Ne pleure pas
Je serais toujours près de toi
Je viendrai les jours de fêtes
Je t’offrirai des fleurs
Que tu trouveras sur le seuil de ta porte
Elles n’orneront pas ton vase
Tu les déposeras sur ma tombe !
Je ne te dirai pas adieu … !

samedi, mai 17, 2008

Ton ombre...!

Le crépuscule m'extorqua
Le bleu du firmament
Comme par jalousie

Esseulé avec mes pensées
Le froid irrite ma peau

Ton ombre surgit
Une musique douce nait
Me submerge et m'emmène
Vers des nuées, si loin

Aux pas de danse rythmée
L'âme enchantée, ravie
Se laisse bercer
Par ce flot
Calme et paisible...!

mardi, mai 13, 2008

Braves que j'aime...!

Je me rappelle ces visages
Des paysans qui
De l'aurore jusqu'au coucher
S'éveillent pour bercer les lopins

Braves que le temps sculpte
Que le soleil ardent dore
Que le vent chatouille

Je vous adore petits bouts d'hommes
Armés de bêches aux épaules
Ne craignant les intempéries des saisons
Comme de valeureux soldats

Voue respirez l'odeur de la terre
qui vous salue
Qui vous aime
Et les palmiers
qui se dressent, témoins,
S'inclinent et vous acclament...!

dimanche, mai 11, 2008

Un rêve...!

Je flânais sur les squares
Mes mots, perturbés, erraient

J'entendis l'écho de mes soupirs
L'ombre de mon âme git
Près de mon corps
Sombre, inerte, sage

Le vent agitait mes maux
Scrute mon visage
Me dévisage
Et ne me reconnut pas

Je me fonds dans la masse
Qui s'écarte, sur mon passage
Des mains blanches gantées
Jaillirent de nulle part
M'offrirent des lis et des œillets
Cueillis au petit matin
Par de petites filles
Aux superbes nattes tressées

Une vieille et belle femme
Au sourire éternel
Me prit la main et me conduisit
Vers un jardin somptueux
Où des gens de toutes les couleurs
Se donnaient la main
Et chantaient
L'hymne de l'amour et de la paix...!

vendredi, mai 02, 2008

Solitude...!

Seul dans les rues sans lumières
Le froid perce ma peau
J'erre sur les airs de repos
Je saisis mes maux fades
Mes mots n'ont qu'un refrain
Ma musique lugubre suspendue
Je ne m'éclipse que la nuit tombée
Le jour, je m'enferme, je m'engouffre
Près de mes papiers vieillis
Par le temps
Mes pensées exténuées
Les lettres je confonds
Je verrouillerai mes lucarnes
Pour interner mes douleurs
Demain à l'aube
Les paradisiers regagneraient le nid?

jeudi, mai 01, 2008

Les bateaux s'en vont...!

Quand les bateaux s'en vont
Et nos souvenirs voilés
Le crépuscule tombe
Le ciel sans étoiles
Se laisse bercer par nos larmes
De blancs mouchoirs agités
Illuminent le quai
Un autre départ
Loin de ceux qu'on aime...!


Mohammed El Qoch

Cadeau du 1er mai

Sous une assourdissante cacophonie
Les senteurs du méchoui humain
S'élèvent dans les cieux
Enfermés dans une usine prison
Les lucarnes en fer
Derrière des portes blindées
Des détenus pauvres bosseurs
Trimant toute une vie
Crient le désarroi infernal
Des larmes, des souvenirs,
Des adieux si tôt avoués
Pour quelques sous si peu
Lugubre destin au visage macabre
Quand tu t'acharnes
Sur les modestes prisonniers bûcheurs
Vous resterez dans notre mémoire
De ce 1er mai
Qui ne changera rien
Notre navire ancre toujours...!



Mohammed El Qoch

dimanche, avril 13, 2008

A Yann Venner

De son instrument à vent
Jaillit un air si doux
Qui envahit toute la cité

Ses paroles, des étincelles
Illuminant le ciel,
Qui ne s'attarda
A faire irruption

De si loin, il prit la peine
De venir avec ses mots
Comme bagage
Pour nous offrir
Un langage
Merveilleux, magique...

Mille et un merci
Au modeste poète
Venu de loin...!

mercredi, avril 02, 2008

Le silence des mots

Ils ont le cœur serré, sevrés,
Le mutisme et le silence des agneaux,
Les brebis galeuses courent les près,
Le brouhaha et les tambours
Annonçant le printemps mystifié
Les mots se cachent
Pour mourir dans les maux
Que de mots, des mots,
De bout en bout
Jusqu'aux tombes
Froides et inertes...!

Mohammed El Qoch